Vincent ABSIL

Le Monde - 13 Mai 2011
Nom de code : "Geronimo", une chanson d'Imago.                  

 

Géronimo est le titre d'une chanson formidable. Un air qui revient en tête à la défaveur des évènements actuels. Une chanson du groupe rock-folk-free-country-gaucho-écolo, Imago. Entre 1974 et 1981, Imago - Vincent Absil, Claude Six et Bernard Benguigui : deux guitaristes et un flûtiste, tous trois chanteurs-compositeurs - a connu plus qu'une heure de gloire.
Une heure de gloire enjouée, engagée, dégagée, défrayant toutes les scènes de banlieue et des campagnes, moment-clé (avec Toto Bissainthe, Colette Magny, François Béranger, etc.) des meetings et fêtes politiques. Ne cherchez pas, il y avait des fêtes politiques : "C'est marrant, rigole Vincent Absil, on a laissé l'image d'un groupe militant, alors que nous, ce qu'on aimait, c'était jouer, voyager, boire des coups et fumer des cigarettes qui font rire".
En Février, Vincent Absil, dans son double album "Collectage" a ressorti quelques succès d'Imago. A signaler aussi la sortie de "Folcoeur", un cd de pure "folk-musique". Claude Six a longtemps, ainsi que Bernard Benguigui, conduit des carrières d'artistes, en particulier celle du pianiste Michel Petrucciani. En scène, ils étaient superbes, drôles, sérieux, décidés. Leurs vannes, mélange de Coluche et de Lacan, irrésistibles. Absil tenait à la même époque l'une des deux contrebasses du groupe free "Marteau rouge". Imago se dissout en 1981 : "on a mis Mitterrand au pouvoir. Mission accomplie, on rentre dans nos foyers".
"Géronimo" est aujourd'hui le nom de code qui aura servi a programmer l'élimination du sinistre Ben Laden. L'inconscient de l'armée américaine est décidément structuré comme un Far-West. Ou un jeu vidéo. Ce choix très judicieux va droit au coeur de la communauté indienne-américaine. Deuxième mort de Géronimo, homme médecine des Bedonkohe, grand résistant, immense poète. Voir sur ces points le blog du label Nato, basé à Minnéapolis, gros centre (indien).
LE CRANE ET DEUX OS
La Toile, de loin le meilleur pourvoyeur de mythes et légendes de tous les temps, propage enfin ceci : l'arrière-petit-fils du résistant apache mène un combat en réparation. Pourquoi ? La tombe de "Géronimo" (Goyahkla, de son nom apache) aurait été profanée en 1918 par un groupe d'étudiants auquel aurait appartenu Prescott Bush (père et grand-père). Lequel, à la tête de l'Union Bank, fit fortune en commerçant avec l'Allemagne nazie. Le crâne et deux os de Géronimo serait jalousement cachés par une petite société secrète du nom de "Skull and Bones". Fasse le Ciel qu'ils ne soient pas planqués dans le buffet Henri II du salon Ovale !


Francis Marmande.

Le Monde. 13.05.2011                                                                

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