Vincent ABSIL

Les pieds sur ma valise

 Paru dans "CHORUS", printemps 2009                                        

 

Les pieds sur ma valiseC'est un évènement : Vincent Absil sort - enfin(voir Chorus 12, Portrait) - un nouvel album,remarquablement produit. Si le folk revient à la mode en France, c'est souvent sur des voix diaphanes.Avec l'ancien chanteur d' Imago, on retourne aux racines, mêlées de bons vieux blues. Et quelle voix, quelles orchestrations ! Tout, ici, est à savourer : le morceau le plus jubilatoire est " Je dis rien", blues rock ironissime sur les souvenirs d'un routard, empli de guitares, de batterie, de violon, d'harmonica. Autre beau moment, "M'prend mes sous", blues classique du pôv' type martyrisé par son acariâtre compagne. Aussi cajun qu'un Clifton Chenier. Dans la même veine sudiste, on écoute avec grand plaisir " Ô Marie" énergique reprise du titrd de Daniel Lanois.
Absil nous comble à travers trois autres hommages. D'abord à Hugo et Colette Magny dans les "Tuileries", sur la jeunesse éternelle : mouture estampillée 1847 du "On the road again" de Bernard Lavillier... Ensuite à Ferré, avec une reprise blues rock de "Merde à Vauban"qui ajoute encore un peu de rage à l'oeuvre de Léo. Au bien aimé François Béranger, enfin, dans "Le monument aux oiseaux", reprise fort sincère du compagnon de label d' Imago. Fidélité, quand tu nous tiens...
 
Jean-Claude Demari
Chorus. 2009  
 
 

 
Vincent Absil
Les pieds sur ma valise Xroads fev. 2009
Tony Gréco
 
Vincent semble avoir posé cette fameuse... valise, juste un instant, histoire de graver sous le feu du laser ses dernières turpitudes. Comme sur la pochette aux yeux bleus, il nous gratifie de son regard unique posé avec lucidité sur les choses de ce monde. Pour ceux qui déjà dans les seventies suivaient à la trace de précieux artistes comme Higelin, p'tit Bob, et tous les vaillants combattants du temps jadis, Vincent Absil n'est pas un inconnu, puisqu'il a longtemps porté sur les routes de France et de Navarre son petit groupe Imago, petite structure légère qui enchantait les MJC. On découvrait avec eux la country, le folk, le bluegrass et bien d'autres sonorités inconnues de nos chanteurs de variétés. Déjà le manque de structures criant dans notre hexagone étriqué obligeait ces nobles soldats à créer leur label et leur propre circuit de concerts. Le Web n'existait pas, mais la ruse et la volonté faisaient largement le même travail, avec la force d'artistes comme François Béranger ou Pierre Barouh qui venaient prêter main-forte. Revenons ici, et maintenant, Absil, fort de ce vécu, nous livre ici un chapelet de titres tous très aboutis. Je vous conseillerais pour ma part "Pauvre rock'n'roll", petit constat doux-amer sur ce qu'est devenu la bête aujourd'hui, mais la pointe d'ironie nostalgique qui perce le texte laisse deviner un fan dévoué et attendri. "Merde à Vauban"est l'un de ces petits blues insidieux et vindicatifs comme on les aime, gavé de guitares bottelneck et d'harmonica bien "roots". Le propos reste constant, les textes sont tous très forts, la voix bien posée et puissante, a pris de la bouteille et de l'épaisseur. Ce monsieur à la trempe d'un grand songwriter à la Française, crions-le très fort, car ça ne court pas les rues! En grand connaisseur et en fan absolu de maître Dylan, Vincent nous offre une superbe variation sur le "Billy", pièce maitresse tirée de la bande originale du film Pat Garrett et Billy the Kid : la grande classe !
 
Tony Griéco
 

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