Vincent ABSIL

PROFESSION FOLK SINGER

Profession Folk Singer  (Xroads Avril 2009)
Tony GRECO
 
Agréablement surpris pas l'écoute de son dernier CD "les pieds sur ma valise", j'ai retrouvé la trace de cet artiste spécial et discret malgré lui. L'occasion d'approfondir un peu sa personnalité et d'en savoir plus sur ce troubadour qui bourlingue depuis un bon paquet d'années... les raconteurs d'histoires (story tellers) ne courent pas les rues dans notre douce France.
 
Q: Depuis le temps que tu fréquentes les routes de France et de Navarre, quels changements majeurs as-tu observés dans cette activité de saltimbanque?
R: D'énormes changements. D'abord un clivage qui n'existait pas auparavant, au niveau de la notoriété. Un petit groupe comme Imago pouvait partager l'affiche avec de grosses pointures comme Alice Cooper, Dr. Feelgood ou que sais-je encore. Il n'y avait pas cette ségrégation entre les grands noms et les petits. En plus, pour nous il y avait le circuit des MJC, maisons de la culture faites pour les jeunes, qui accueillaient toutes sortes d'évènements. Cela sortait peut-être des luttes soixante-huitardes, mais il n'y a plus rien de tel aujourd'ui, et cela manque terriblement...
 
Q: Dans ton propre cheminement, comment es-tu arrivé à ce que tu fais aujourd'hui, une chanson française de qualité penchant vers le country rock, en partant du folk song très à la mode au début des années soixante-dix ?
R: Il n'y avait pas non plus cette séparation à l'époque, le folk, le rock, le texte nous parlaient tout autant. Les styles ne s'opposaient pas, loin de là, le mélange était porteur d'innovations et d'expérimentations. Moi je trouvais les Beatles du début un peu trop mous à mon goût, voire trop compliqués, le rock'n'roll basique des pionniers m'attirait plus et bien sûr Bob Dylan, que j'avais découvert au lycée, par un de nos profs! une grosse claque.
 
Q: Tu commences à te faire un nom avec Imago, petit trio qui ne paye pas de mine mais qui finalement fait un bon bout de chemin...
R: On a tenu quelques années oui, et quelques albums! Le groupe a vécu puis la source s'est tarie, j'ai ressenti à un moment le besoin de me bouger et de porter le chapeau, car avec eux je m'étais installé dans l'attitude du roi fainéant qui supervise et qui fait bosser les autres...un beau jour mon manager m'a annoncé qu'il avait booké des dates sous mon propre nom et m'a sommé illico d'écrire quelques chansons! Ce que je me suis empressé de faire...
 
Q: Le rock et sa charge de valeurs rebelles te touchait-il davantage?
R: Oui sans aucun doute, le rock mais toute la musique, le folk, etc. Nous étions tout un noyau de jeunes qui nous retrouvions dès que possible pour faire de la musique en se montrant les trucs les uns aux autres, ou bien on se réunissait juste pour parler musique, on refaisait le monde... Par contre, la vague yéyé qui dénaturait le rock m'a toujours hérissé.
 
Q: Tu as la guitare comme credo, mais tu es aussi très polarisé sur le chant, ton dernier album révèle un chanteur " à voix "!
R: Oui, c'est venu très tôt chez moi, j'ai chanté très jeune, d'abord en famille puis avec les potes. Mon premier choc fut Harry Belafonte et sa voix divine. Puis j'ai fait partie d'une école de musique, pas vraiment chorale, mais on bossait dur sur les voix, j'ai appris beaucoup et me suis même taillé une place de leader, qui m'a servi ensuite pour mes diverses collaborations.
 
Q: Tes références musicales sont très clairement revendiquées, mais du côté textes, as-tu aussi des " référents " poétiques ?
Oui, tout à fait, il y avait à l'époque François Bérenger, qui officiait avec beaucoup de talent dans ce domaine. Il écrivait de superbes choses avec en plus un background un peu country dans ses musiques inconnu en France qui me convainquait énormément. Ce fût un exemple pour moi. Concernant la langue française, nous n'avions pas de soucis, des gens comme Gilles Vignault, et d'autres Canadiens, faisaient swinguer le texte comme personne. Et bien sûr, le cajun avec Zachary Richard.
 
Q: Tu joues beaucoup sur scène, qu'attends-tu d'un public avant tout ?
R: Sans faire de psychanalyse de bas étage, je dirais que c'est un besoin d'être aimé qui me pousse sur scène, un besoin d'amour, oui. Mais la reconnaissance ne peut venir que d'un échange où l'artiste donne beaucoup. Impossible de se pointer sur les planches et de glander, il faut donner, et donc travailler ... C'est un  gros travail !
 
Q: le folk, genre qui plébiscite plutôt le bouche à oreille est-il compatible avec les nouvelles technologies et les mutations énormes que subit le métier aujourd'hui?
R: Je dirais qu'on est bien obligé de faire avec, ce n'est pas un plaisir, mais le net est un outil que tout diffuseur de musique devra utiliser, alors on bosse déjà sur un site, un myspace et toute la panoplie, pour pouvoir communiquer notre musique, et c'est un sacré boulot, que faisaient les maisons de disques, que font de plus en plus les artistes, au prix d'une belle énergie dépensée...
 
Q: Tu es donc d'attaque pour défendre ce nouvel album et le porter sur scène ?
R: On va faire le maximum, le label est tout petit et un peu débordé il faut l'avouer, alors nous sommes sollicités pour mettre la main à la pâte. Nous avons aussi le projet de ressortir d'autres CDs comme "Country Journal", un album de reprises country mal distribué que nous souhaitons remettre sur le marché, alors on se bouge...
 
Tendez donc l'oreille, et surveillez les dates, ce baroudeur devant l'éternel pourrait très bien poser sa valise tout près de chez vous...
 
Tony Griéco

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